Qu’est-ce que la veille sanitaire ?
La veille sanitaire consiste à surveiller les maladies existantes,
et détecter les nouvelles maladies animales.
En effet, même si aujourd’hui les grandes maladies du passé
sont en majeure partie éradiquées, il reste à dépister et
éliminer les foyers résiduels. Il s’agit en particulier
de la brucellose, de la tuberculose, de la leucose et de
l’encéphalopathie spongiforme bovine (ESB) pour la production
des ruminants, de la maladie d’Aujeszky et de la brucellose
pour les porcins, et des salmonelloses réputées contagieuses
dans l’espèce poule.
Mais de nouvelles pathologies, dangereuses pour la santé
publique, se développent dans les élevages, sans mesures
réglementaires obligatoires pour les contrôler. On pourrait
citer parmi d’autres la listériose , l’ehrlichiose et la
fièvre Q, la paratuberculose chez les ruminants, les salmonelloses
porcines, les chlamydioses, le botulisme et les campylobactérioses
chez les volailles.
D’autre part, des maladies aux conséquences économiques
graves pour l’élevage, mais sans conséquence sur la santé
humaine, nécessitent à certaines périodes une vigilance
particulière des vétérinaires et des éleveurs pour assurer
une meilleure rentabilité des productions.
Enfin, les grandes épidémies demeurent toujours à craindre,
car le moindre retard dans leur diagnostic entraîne des
catastrophes pour les productions animales, voire pour l’homme
dans certains cas. Chacun se souvient de l’épidémie de Fièvre
aphteuse en Grande Bretagne, de peste porcine aux Pays Bas,
et de Peste aviaire en Italie et aux Pays Bas pour ne parler
que de l’Europe. A l’heure des échanges internationaux,
les vecteurs de certaines maladies, souvent des insectes
mais aussi parfois l’homme, voyagent : épizootie de fièvre
catarrhale maligne (Blue Tongue) en Corse, Encéphalite à
virus West Nile chez les chevaux dans les Bouches du Rhône,
etc… On peut également citer le virus Ebola (singe et homme),
le SRAS. Ces noms font peur . Pour franchir la barrière
de l’espèce, les virus mutent. Pour parvenir à contaminer
l’homme, les virus passent souvent par des animaux jouant
le rôle de réservoir. L’homme est ensuite à la merci du
degré de virulence et des modes de contagion de la maladie.
Inquiétant !
Tout ceci démontre la nécessité d’une veille sanitaire permanente
sur le terrain par les vétérinaires.
Comment s’organise la veille sanitaire ?
La multiplicité des espèces et des modes d’élevage nécessite
une parfaite connaissance par les vétérinaires de l’épidémiologie,
c’est à dire de la manière dont se développent les maladies.
Pour se faire, les vétérinaires couvrent encore aujourd’hui
la plus grande partie du territoire en France, dans les
départements, au contact des cheptels, et restent disponibles
pour répondre à toute sollicitation de la part des éleveurs.
Cette disponibilité, indispensable au maintien d’un maillage
en réseau efficace, était liée jusqu’il y a peu à des missions
régulières de dépistage des grandes maladies contagieuses.
Grâce aux nouvelles technologies et en particulier à Internet,
la profession vétérinaire propose à l’Etat un maillage complémentaire
qui est beaucoup plus puissant et réactif en raison de la
rapidité et de la transparence d’information que peuvent
s’échanger les confrères entre eux dès la moindre alerte.
Tout ceci afin de garantir une veille sanitaire irréprochable,
car nous sommes des acteurs majeurs garants de la Santé
Publique. Nous espérons donc que la bonne maîtrise qu’a
toujours eu la France et ses vétérinaires face aux grandes
crises sanitaires, par rapport à ses voisins européens,
soit activement soutenue par l’Etat. Vous avez devant vous
le premier réseau sanitaire vétérinaire départemental.
Le rôle des vétérinaires sanitaires sur le terrain :
Le mandat sanitaire est un contrat original qui existe entre
l’Etat et des professionnels vétérinaires libéraux.
Grâce à ce contrat, les Services Vétérinaires peuvent s’enorgueillir
d’avoir en permanence plus de 3000 agents sur le terrain
mobilisables et opérationnels à tout moment en cas de crise,
pour déclarer la guerre aux virus et aux microbes. Mais
toute armée, pour qu’elle soit efficace en permanence doit
être aussi rémunéré en temps de paix.
En période de calme sanitaire, les vétérinaires sont cantonnés
à quelques missions de dépistage et de formation continue,
et qui jusqu’à présent ont fait la preuve de leur efficacité
dans la maîtrise et la gestion des grandes maladies.
Leur présence régulière au sein des élevages, essentiellement
tournée vers la réponse à des attentes urgentes (obstétrique,
troubles métaboliques, enzooties de maladies respiratoires
ou digestives) a toujours permis de dépister en temps utile
toute nouvelle pathologie, et donc de donner l’alerte si
nécessaire. La prescription et la délivrance des médicaments,
en relation directe avec leur activité, maintiennent une
traçabilité et donc une sécurité au niveau de la filière
alimentaire pour les consommateurs.
Il demeure indispensable de pérenniser un nombre suffisant
de vétérinaires sanitaires pour prévenir les épizooties
et garantir la santé publique ainsi que la sécurité sanitaire
des aliments. |